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Les espèces exotiques envahissantes représentent une menace réelle pour les milieux naturels, la biodiversité, l’environnement et parfois la santé humaine.
Les espèces envahissantes se propagent rapidement, remplacent les espèces indigènes et dégradent les écosystèmes, les sols et les plans d’eau. Elles peuvent aussi nuire aux aménagements, à l’agriculture et aux infrastructures, entraînant des coûts importants.
Principalement introduites par les activités humaines (transport, horticulture, navigation, etc.), elles se dispersent rapidement une fois établies. Leur contrôle est difficile et nécessite souvent des interventions répétées.
La vigilance de chacun est essentielle : détecter tôt, éviter leur propagation et agir rapidement permet de limiter les impacts et les coûts.
Saviez-vous que la Municipalité du Canton de Shefford a été une pionnière en créant une Réserve naturelle sur son territoire ? Ce statut de protection accordé par le ministère de l’Environnement du Québec en 2013 protège à perpétuité 145 ha d’habitats naturels, incluant le parc Jean-Paul Forand, le parc des Montagnards et une partie du parc Ménard. CENS a pour mission d’assurer l’intendance sur ce territoire, c’est-à-dire de maintenir son intégrité. C’est pourquoi l’organisme réalise chaque année des inspections visant à identifier les changements qui surviennent et à mettre en œuvre des correctifs efficaces.
Lors d’une inspection hivernale dans le grand milieu humide du parc Forand, les patrouilleurs de CENS ont réalisé l’ampleur de l’invasion du roseau commun en cours. Le roseau commun est cette grande graminée (3-5 m de haut) avec des fleurs en forme de plumeau qui longe les autoroutes. Grâce au financement accordé par le Programme de lutte aux PEE de la Fondation de la Faune du Québec et par la municipalité de Shefford, un préprojet de lutte contre ce fléau a été mis sur pied. Le premier volet vise la lutte aux PEE dans le grand milieu humide du parc Forand : inventorier et cartographier les PEE qui s’y trouvent afin de préparer un plan d’intervention efficace pour stopper l’invasion. Le second volet de transfert de connaissances vise à augmenter le nombre d’acteurs impliqués dans la lutte aux PEE sur le territoire.
Les travaux de terrain réalisés par la Fondation SÉTHY à l’été 2025 ont permis de cartographier 15 colonies de roseaux communs, dont la majorité sont étendues et denses. La superficie totale couverte par cette redoutable PEE est estimée à 33 658 m2, soit 13 % du milieu humide. Un plan d’intervention a été préparé en collaboration avec l’OBV Yamaska afin de stopper l’invasion de roseaux. Bien qu’il paraisse illusoire d’éradiquer cette envahissante bien implantée, des efforts seront déployés pour protéger les secteurs peu ou pas envahis et confiner les grandes colonies par la plantation d’arbustes compétitifs, tels le saule et le cornouiller. La mise en œuvre du plan d’intervention devrait débuter en 2027, le temps d’obtenir le financement et les autorisations nécessaires dans cette aire protégée.
Du nerprun bourdaine a aussi été découvert dans le grand marais, mais surtout dans un secteur restreint, à la lisière de la forêt près du barrage de castors. Comme la majorité des plants découverts étaient petits, ils ont été arrachés sans délai avec l’aide de bénévoles de CENS. Quelques plants matures, plus gros, ont été localisés. Ils ont tous été marqués et annelés. Cette technique consiste à retirer une bande d’écorce (10 cm) autour de la base du tronc pour l’assécher. Le suivi se poursuivra en 2026 afin d’empêcher le nerprun de s’installer au parc Forand.
La prévention représente l’outil le plus efficace en matière de lutte aux PEE. C’est pourquoi CENS, avec l’aide de l’équipe des Travaux publics de la municipalité, a installé des brosses-bottes à l’entrée des trois parcs de Shefford. Ainsi, chaque visiteur peut poser un geste concret pour protéger ces milieux naturels qu’il fréquente : brosser ses chaussures pour éviter d’y introduire des graines ou des fragments de plantes exotiques envahissantes. Plusieurs dizaines de milliers de visiteurs par an entrent dans ces parcs. La menace est bien concrète et les brosses-bottes ont fait leurs preuves (voir site web de CENS). Aussi, afin de mieux outiller nos patrouilleurs et partenaires de la municipalité, CENS offre des formations, sorties en forêt et présentations sur la lutte aux PEE. De l’information pertinente sur le projet et les principales PEE que l’on trouve à Shefford sont présentées sur le site Web de CENS. Ne manquez pas d’y jeter un coup d’œil. Plus nous serons de citoyens à reconnaître les PEE sur nos terrains, dans nos parcs et nos espaces verts, plus d’actions concrètes seront mises de l’avant pour stopper et prévenir les envahissements. Nous avons la chance de pouvoir accéder librement à des milieux naturels d’exception. Nous devons tous contribuer, dans la mesure de nos capacités, à protéger la biodiversité qui y réside.
Le roseau commun couvre 13% de la superficie du grand milieu humide au parc Forand.
Andrée Nault, botaniste, CENS
En tant que citoyen, vous pouvez contribuer à limiter la propagation des espèces envahissantes en adoptant de bonnes pratiques :
Toute intervention visant le contrôle ou l’élimination d’une espèce envahissante doit être réalisée de manière encadrée. Certaines méthodes peuvent aggraver la situation si elles sont mal appliquées.
Avant d’entreprendre des travaux ou des actions de contrôle, il est fortement recommandé de communiquer avec la municipalité afin d’obtenir les bonnes méthodes et les autorisations requises, le cas échéant.
Depuis près de 10 ans, la Fondation SÉTHY développe une expertise reconnue dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, notamment à travers divers projets réalisés sur le territoire de la MRC de La Haute-Yamaska.
Un inventaire réalisé en 2016 a permis de documenter et de cartographier la présence de plusieurs espèces préoccupantes. À Shefford, on retrouve notamment la renouée du Japon, la berce du Caucase, le panais sauvage — qui peut causer des réactions cutanées importantes — ainsi que le nerprun bourdaine.
Liste de quelques autres plantes exotiques envahissantes :
L’agrile du frêne est un insecte ravageur, originaire d’Asie, qui ne s’attaque qu’aux frênes. En quelques années, l’agrile a tué des millions de frênes en Amérique du Nord. Les infestations peuvent leur causer des dommages importants. Le dépérissement, voire la mort, des arbres infestés par l’agrile du frêne est dû aux larves qui vivent sous l’écorce des frênes. En 2008, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé la présence de l’agrile du frêne en Montérégie.

(Photo : Agence canadienne d'inspection des aliments)
Pour prévenir la propagation de l’agrile du frêne, l’ACIA impose des restrictions interdisant le déplacement des billes de frêne et du bois de chauffage. Le déplacement des produits du frêne représente le risque le plus important de propagation de l’agrile du frêne dans des régions non réglementées.
Tout comme les autres régions où l’agrile du frêne a été répertorié, l’ACIA impose une interdiction de transport des produits de frêne qui pourraient avoir été contaminés. À cet effet, plusieurs mesures sont mises de l’avant pour éviter la propagation de cet insecte nuisible :
(Source : Ressources naturelles Canada)
Les plantes exotiques envahissantes (PEE) sont des végétaux nuisibles qui sont introduits dans un nouveau milieu par l’activité humaine. Par leur propagation rapide et leur forte densité d’occupation, les PEE peuvent constituer une menace pour l’environnement, l’économie et la santé de la population.
Par exemple la berce du Caucase est une PEE extrêmement toxique, ce qui en fait un danger pour la santé publique. En effet, sa sève une fois activée par le soleil peut engendrer de très graves brûlures sur la peau. Il s’agit d’une plante très persistante dont les graines peuvent être viables dans le sol jusqu’à 15 ans.
De son côté, la renouée du Japon peut former des peuplements très denses pouvant atteindre 3 mètres de haut et qui envahissent les rives des cours d’eau, les milieux humides, les fossés routiers et les milieux ouverts. Avec des racines s’étendant latéralement jusqu’à 7m, elle constitue aussi une menace pour les infrastructures routières et immobilières puisqu’elle peut percer l’asphalte et endommager les fondations.